Les planètes errantes

Planète qui n’orbite autour d’aucune étoile et se balade seule dans le noir de l’espace. L’existence de ces objets laisse supposer que la formation des étoiles donne naissance à beaucoup de protoplanète, peut-être plusieurs dizaines. Au cours de la partie de billard cosmique qui s’ensuit, une partie de ces planètes est éjectée pour devenir des planètes errantes. L’autre partie s’agrège par collision pour donner naissance à des planètes plus massives et à leurs lunes.

On peut alors se demander ce qu’il en est de notre système solaire. Logiquement il a dû lui aussi être bien plus peuplé par le passé. Peut-on espérer retrouver des traces de nos anciennes voisines ? Pour ce qui est des planètes qui sont partis en vadrouille, cela s’annonce compliqué. Ces objets n’émettent pas de lumière, peu de radiations et possèdent un champ gravitationnel assez faible. On a déjà pu détecter certaines planètes errantes mais il faudrait un sacré coup de bol pour que l’on tombe sur une planète originaire du système solaire. A cela il faut ajouter une difficulté de taille : on pourrait observer une sans savoir qu’elle provient de notre système solaire. Les planètes qui ont disparu suite à des collisions nous offrent par contre un meilleur espoir. Une équipe de l’école polytechnique fédérale de

Lausanne pense même avoir mis la main sur l’une d’entre elles enfin ce qu’il en reste. Ce sont les météorites qui peuvent nous raconter cette histoire. L’équipe suisse a travaillé sur l’une d’entre elles tombée en désert de Nubie au Soudan. Cette météorite est constellée de petits diamants d’une taille pouvant aller de quelques dizaines à quelques centaines de microns. Elle fait partie d’une famille qu’on appelle les uréilites, aux propriétés similaires.

Jusqu’à présent, on pensait que les diamants d’uréilite provenaient des collisions entre astéroïdes mais à l’examen de la météorite du désert de Nubie une histoire différente semble voir le jour. A

l’aide de faisceaux d’électrons les chercheurs suisses ont découvert des petites particules de fer et de soufre emprisonnées dans les diamants. On ne trouve ces particules que dans des diamants qui ont été formés par une pression continue dans le temps supérieure à 20 giga Pascale ce qui ne colle pas du tout avec l’hypothèse de la collision. Le scénario pouvant le mieux expliquer la présence de ces nanoparticules de fer et de soufre et que les diamants se sont formés dans les profondeurs d’une planète, seul endroit où les conditions de pression continue seraient suffisantes. Comme les profondeurs de cette planète ont fini en météorite on se doute que son histoire a dû

être violente. L’équipe de chercheurs suisses estiment qu’elle était d’une taille comprise entre celle de Mercure et celle de Mars, peut-être une des briques qui a servi à la formation de la Terre.
Il va falloir maintenant analyser d’autres météorites de la famille des uréilites pour voir si l’histoire se confirme peut-être qu’on pourra même identifié des origines issus de plusieurs corps différents. Avec la mission Psyché qui va aller visiter un astéroïde qu’on soupçonne d’être le noyau féreux d’une protoplanète on va pouvoir en apprendre encore plus sur ces astres disparus qui ont un jour peuplé le système solaire.