Tout savoir sur la planète Mars et actualités

Un lac d’eau liquide aurait été découvert sous la surface de Mars

— Actualités du 31 juillet 2018 —

De très nombreux indices laissent penser que Mars a eu par le passé de l’eau liquide à sa surface. Mais il y à 3,7 milliards d’années environ, l’érosion de l’atmosphère aurait asséché les océans de la jeune planète rouge. Il y a toujours de l’eau sur Mars, mais sous forme de glace concentrée dans les calottes polaires de la planète rouge, et elle s’est réfugiée sous la surface. Une étude qui vient d’être publiée par le centre de recherche de la NASA estime que la surface martienne est mille fois plus sèche que le plus sec des environnements terriens, le désert d’Atacama au Chili. Si Mars est complètement aride en surface, c’est peut-être différent en profondeur.

En 1987, un chercheur à la Planetary Science Institute émettait l’hypothèse que des poches d’eau liquide auraient pu subsister à la base des calottes polaires martiennes. A l’époque, des lacs avaient été mis en évidence profondément enfouis sous l’Antarctique et le Groenland. Le chercheur a estimé qu’un scénario similaire était tout à fait plausible sur Mars. Depuis, l’hypothèse est débattue sans qu’il soit possible de trancher définitivement. Mais une équipe italienne vient de publier les résultats d’une étude réalisée à partir des données radar de la sonde Mars Express. Un radar est un instrument très efficace pour sonder sous la surface. Les échos radar sont en effet affectés par les matériaux qu’ils traversent. En étudiant les zones renvoyées, on peut donc se faire une idée assez précise de la composition des sols en profondeur. L’équipe de chercheurs s’est penchée sur ce qu’il se passe sous les régions polaires martiennes, et parmi les données collectées depuis 2003 par la sonde spatiale européenne, ils ont trouvé un écho radar particulièrement surprenant.

Sur la planète Terre, on a remarqué que les zones d’interface entre la glace et l’eau liquide produisent des réflexions radar très brillantes, et c’est exactement ce qui a été observé dans la région du pôle sud de Mars. Une petite zone de 20 kilomètres de large produit des échos radar tout conformes à ce qu’on attendrait d’une surface glacée ou liquide. Ce lac martien serait enterré un kilomètre et demi sous la surface de la planète. Les chercheurs italiens ont pu déterminer que sa profondeur et d’au moins 1 mètre. Pour que de l’eau liquide puisse exister dans ces conditions, elle doit être particulièrement salée et sédimenteuse. C’est donc plutôt un lac de saumur et de boue qu’il faut imaginer.

La découverte n’est pas non plus définitive car l’équipe à l’origine de l’étude a étudié plusieurs scénarios pour expliquer les échos radar collectés. L’hypothèse du lac est la plus plausible mais cela reste une hypothèse. L’observation de Mars Express ne clôt pas encore le débat ouvert il y a 30 ans. Si la découverte est confirmée, il y aura alors beaucoup de questions auxquelles il faudra répondre concernant ce lac. Est-il seul ? Quelle est sa composition et sa température ? Les liquides ne sont pas automatiquement sources de vie. Mais si la vie a pu un jour éclore et survivre sur Mars, cette zone reste un des meilleurs endroits où regarder. Nul doute que les futures missions martiennes seront influencées par cette découverte. On pense évidemment à un forage jusqu’au lac, mais pour les décennies à venir il y a peu de chances que cela arrive. Un orbiteur équipé d’un radar plus performant que celui de Mars Express pourrait par contre apporter plus de détails sur l’environnement du lac, et peut être même en découvrir de nouveaux.

La planète Mars pourrait contenir plus d’eau que prévu

— Actualités du 23 janvier 2018 —

La planète Mars a abrité de grandes quantités d’eau liquide dans un passé lointain. C’est la perte de son atmosphère amorcée il y à 4,2 milliards d’années qui lui a donné son aspect désertique. Mais cela ne veut pas dire que l’eau a complètement disparu de Mars. On sait qu’une grande partie de cette eau s’est réfugiée dans les sous-sols de la planète sous forme de glace, notamment près des régions polaires. Mais d’après une étude publiée dans le magazine Science le 12 janvier, la glace d’eau serait également présente en grande quantité dans les régions plus équatoriales de la planète rouge.

L’équipe à l’origine de la publication a utilisé les données de la mission Mars Reconnaissance Orbiter qui est en orbite autour de la planète Mars depuis 2006. Grâce à la caméra HiRISE de l’orbiteur, ils ont pu identifier huit régions qui abriteraient des glaciers souterrains d’une épaisseur pouvant atteindre 100 mètres à certains endroits. Ces glaciers sont exposés à l’air libre par des falaises particulièrement abruptes, et même lorsqu’ils sont recouverts il suffirait de forer jusqu’à les atteindre. De tels sites ont été découverts aussi bien dans l’hémisphère nord que dans l’hémisphère sud de la planète. Evidemment, cela en fait des cibles intéressantes pour l’exploration de la planète rouge. Ces couches de glace sont en effet facilement accessibles. Des forages pourraient permettre de plonger dans le passé climatique de la planète Mars et d’en apprendre beaucoup plus sur son évolution récente. On sait par exemple que Mars est beaucoup moins stable sur son axe de rotation que la Terre, du fait de l’absence d’un satellite naturel massif. Le rythme de ses saisons a dû beaucoup évolué au cours du temps, et cela devrait être visible dans la glace.

Cela représente aussi une excellente nouvelle pour tous ceux qui voudraient que l’être humain s’installe sur la planète Mars. Selon certaines estimations, jusqu’à un tiers de la surface de la planète Mars abriterait de la glace en sous-sol. L’eau serait donc une ressource banale sur Mars. Pour SpaceX par exemple, qui compte sur l’électrolyse de l’eau martienne pour produire de l’oxygène, il suffirait de creuser. La plupart des projets d’installation de base martienne étaient auparavant sur les pôles, où l’on pensait que la majorité de l’eau martienne était retenue, ou sur les régions équatoriales jugées plus hospitalières. A présent, l’équateur semble donc préférable pour accueillir une présence humaine. En plus d’eau en abondance, elle offre le meilleur ensoleillement, les meilleures températures et c’est le meilleur emplacement pour rejoindre l’orbite. Espérons déjà qu’une mission robotisée nous permette d’en apprendre plus sur ces glaces souterraines, et bien sûr sur le passé climatique récent de notre voisine.

Un élément associé à l’éclosion de la vie a été découvert sur Mars

— Actualités du 12 septembre 2017 —

La planète Mars a un passé riche en eau et en atmosphère. En effet, Mars a très probablement connu un cycle de l’eau abondant entre 4,2 et 3,7 milliards d’années avant notre ère. Mais cela a-t-il été suffisant pour laisser le temps à la vie de faire son apparition ? Répondre à cette question est une priorité pour toutes les agences spatiales qui s’intéressent à Mars. Une équipe du laboratoire national de Los Alamos aux Etats-Unis d’Amérique vient de publier une étude apportant un nouvel indice dans cette enquête. En effet, en analysant les données du rover martien Curiosity, ils ont pu détecter des traces résiduelles de bore. Le bore est un élément chimique considéré comme assez rare dans le système solaire. Or sa présence serait nécessaire à l’apparition d’un des éléments fondamentaux de la vie telle qu’on la connaît sur Terre. En effet, pour se former cet élément aurait besoin d’un sucre appelé ribose, qui est instable et se décompose rapidement dans l’eau, sauf s’il est stabilisé par la présence de bore.

La découverte de bore à la surface de Mars ne garantie pas que cet élément chimique ait pu se former dans les océans primordiaux de la planète rouge, mais c’est le signe qu’une condition supplémentaire était présente pour que cela arrive. Les observations qui ont mené à cette découverte ont été réalisés dans le cratère Gale, qui est la zone d’opérations du rover Curiosity. Ce cratère a 3,8 milliards d’années et a probablement accueilli un lac d’eau au début. Il a été possible d’analyser la composition chimique du sol grâce à l’instrument du rover Curiosity. Il utilise un rayon laser pour vaporiser une petite quantité de matériaux qu il est alors possible d’analyser grâce à des spectromètres. C’est un des douze instruments scientifiques qui équipent le rover.

Le rover Curiosity roule dans le cratère Gale depuis le 6 août 2012. C’est un rover considérablement plus imposant que ses grands frères Spirit et Opportunity. La mission primaire de Curiosity est justement de préciser si des conditions propices à la vie ont un jour pu exister sur Mars. En quatre ans d’études du cratère Gale, le rover a pu apporter de nombreux indices du passé riche en eau de la planète rouge, mais également de la perte atmosphérique qui a affecté Mars. Le cratère Gale, avec son passé riche en eau et en éléments propices à la vie, offre une cible parfaite pour la recherche d’une vie microbienne fossile ou encore présente. La NASA espère que le rover Curiosity va pouvoir continuer sa mission encore quelques mois ou années. Il a en effet déjà bien souffert au niveau de ses roues. Il utilise une source d’énergie non renouvelable, à l’inverse d’Opportunity. On espère que d’ici là il aura le temps de nous apporter des informations supplémentaires sur les conditions qui régnaient sur Mars à l’époque où le cratère Gale était le lac Gale.

De la neige tomberait sur Mars

— Actualités du 22 août 2017 —

Une équipe franco-américaine vient de publier une surprenante étude concernant la planète Mars. Ils pensent en effet qu’il y a des chutes de neige sur Mars, de la neige comme celle que l’on connait sur Terre. Ce phénomène se produirait pendant la nuit martienne, lorsque la température chute sur la planète rouge. Cela force les scientifiques à repenser leur compréhension du climat martien. Mars possède une atmosphère bien plus fine que la Terre. La formation de nuages d’eau y est donc très rare. Il faut en effet une atmosphère dense pour supporter le phénomène de condensation que l’on retrouve dans nos nuages. On savait déjà qu’il y a de la neige carbonique tombe sur Mars. Si la présence est confirmée, les scientifiques devront revoir leur compréhension du cycle de l’eau sur la planète rouge.

Pour parvenir à ces conclusions, l’équipe d’Aymeric Spiga de l’université Pierre et Marie Curie (UPMC) a utilisé les données fournies par les différents satellites et atterrisseurs qui ont visité Mars. Ils ont mis au point un modèle météorologique qui leur a permis d’en extraire cette prédiction. Il va cependant falloir confirmer cela par des observations, pourquoi pas par un CubeSat.

Cette neige martienne est tout de même différente de la neige qu’on connaît sur Terre. Les précipitations seraient très rapides, la neige tomberait sur le sol en quelques minutes au lieu de voler au vent comme sur Terre. Une fois au contact de la surface de Mars, elle ne formerait pas un manteau doux et moelleux mais plutôt une couche de glace rigide. Cela confirme que même si l’eau n’est pas présente sous forme liquide à la surface de Mars, elle est relativement abondante sous forme de glace. C’est une bonne nouvelle pour de futurs programmes d’exploration humaine. Mais il est aussi important de comprendre tous les phénomènes météorologiques auxquelles des explorateurs pourront être confrontés. En effet, une tempête de neige martienne pourrait endommager leur matériel.

Image by ESA – European Space Agency & Max-Planck Institute for Solar System Research for OSIRIS Team ESA/MPS/UPD/LAM/IAA/RSSD/INTA/UPM/DASP/IDA [CC BY-SA 3.0-igo (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0-igo)], via Wikimedia Commons

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