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Découverte d’une nouvelle super-Terre dans le système planétaire de Proxima du Centaure

— Actualités du 16 avril 2019 —

On sait que Proxima du Centaure abrite au moins une planète dans sa zone habitable, Proxima b. Proxima b a été découverte en 2016. Sa masse est supérieure à celle de la Terre. Elle pourrait potentiellement abriter de l’eau liquide. Elle doit cependant faire face aux violentes éruptions de son étoile. Il y a aussi de fortes chances qu’elle soit en rotation synchrone avec celle-ci, c’est-à-dire qu’elle présente toujours la même face à Proxima. Proxima b pourrait abriter la vie, mais les conditions semblent toutefois loin d’être idéales. C’est l’exoplanète que nous connaissons qui est la plus proche de chez nous mais elle pourrait ne plus être la seule.

Une équipe italienne pense avoir détecté une seconde planète autour de l’étoile Proxima du Centaure. Tout comme Proxima b, c’est grâce à la méthode des vitesses radiales que cette équipe est arrivée à cette conclusion. Cette planète encore hypothétique se trouverait à environ 1,5 unités astronomiques de l’étoile. Comme Proxima est une naine rouge, cela signifie que la planète recevrait très peu de rayonnement de son astre, et donc qu’il y ferait très froid, -130 degrés Celsius en moyenne. Proxima c afficherait une masse au moins six fois supérieure à celle de notre planète. Ce serait donc une super-Terre. Mais sans information sur sa densité, il est impossible de savoir s’il s’agit d’une planète composée en majorité de roche ou de gaz.

Avant de débattre sur l’intérêt d’une telle super-Terre, il faut déjà confirmer son existence. Pour le moment, Proxima c n’est qu’une exoplanète candidate. Les deux chercheurs à l’origine de l’observation se sont appuyés sur les données de l’instrument HARPS (High Accuracy Radial velocity Planet Searcher) de l’ESO. Installé sur l’observatoire de La Silla, il avait déjà participé à la découverte de Proxima b. Des observations complémentaires pourraient être menées par la mission d’astrométrie Gaïa par exemple. Ce serait l’occasion de confirmer que Proxima subit effectivement des mouvements sous l’influence d’un nouveau corps massif. Il est aussi possible que les variations de vitesse radiale détectés par les deux chercheurs soient dues à une combinaison de plusieurs planètes. Quoi qu’il en soit, le système planétaire de Proxima constitue forcément une cible intéressante à seulement 4,2 années-lumière de chez nous. C’est une excellente cible pour l’imagerie directe.

On peut aussi rêver à des projets tels que Breakthrough Starshot, une initiative dont l’objectif est d’explorer le système planétaire à l’aide de micro-sondes propulsées par laser. Lancée à 20% de la vitesse de la lumière, elle nous renverrait des informations sur Proxima et sur ses planètes en seulement quelques décennies. Mais pour le moment, les obstacles technologiques à une telle mission sont énormes. Proxima et son système planétaire restent les cibles les plus accessibles pour un voyage interstellaire. Il faut donc espérer que les planètes qui orbitent autour de l’étoile sont dignes d’intérêt.







Les habitants de la super-Terre Kepler-20 b sont condamnés à rester sur leur planète

— Actualités du 29 mai 2018 —

Depuis quelques années, les découvertes d’exoplanètes s’enchaînent à une vitesse toujours croissante. Les sept planètes rocheuses de TRAPPIST-1 accueillent-elles une civilisation voire plusieurs ? La vie est-elle apparue parmi les violentes éruptions de Proxima du Centaure ? A quoi ressemble une planète-océan ? Comment s’adapterait une civilisation sur une planète en rotation synchrone avec son étoile ?

C’est à ce type d’exercices que se consacre Michael Liedtke de l’observatoire de Sonneberg en Allemagne. Dans une étude qui vient d’être publiée, il détaille les avantages et les défis auxquels devraient faire face une civilisation se développant sur une super-Terre, une planète de type terrestre mais de masse beaucoup plus importante. La spéculation est difficile car ce type de planète n’existe pas dans notre système solaire. Impossible donc de partir d’une base connue.

Liedtke s’est projeté sur Kepler-20 b, une planète bien réelle orbitant autour d’une étoile assez similaire à notre soleil, à un peu moins de mille années lumière de la Terre. Kepler-20 b est presque dix fois plus massive que la terre, ce qui est théoriquement avantageux du point de vue de la vie. Avec une telle masse, la planète a probablement un noyau actif et donc un champ magnétique pour se protéger des radiations de l’espace interplanétaire. On imagine également que son champ gravitationnel intense a su piéger une atmosphère épaisse. Mais ce même champ gravitationnel pourrait bien condamner une civilisation à être piégé à jamais sur Kepler-20 b. Il est déjà difficile de quitter la Terre : cela demande un effort et des ressources importantes. Il faut parfois plusieurs années avant de pouvoir envoyer un objet vers une autre planète. S’arracher de la gravité d’une super-Terre est une tâche encore plus difficile, peut-être même impossible.

Prenons l’exemple de la Saturn 5 du programme Apollo, la fusée la plus puissante et massive jamais conçue par l’humanité. On a déjà eu des difficultés à contenir ses 3000 tonnes d’ergols dans un réservoir. Si les hypothétiques habitants de Kepler-20 b avaient des ergols similaires, c’est une fusée capable de brûler 400 mille tonnes d’ergols qu’ils devront concevoir. Cela suppose d’avoir des moteurs d’une puissance monstrueuse et des capacités d’ingénierie jamais vues. Impossible de tricher, la forte gravité de Kepler-20 b aura aplatie toute montagne qui aurait pu permettre de monter à une altitude de quelques kilomètres. En plus de cela, l’atmosphère supposée épaisse de Kepler-20 b ajouterait une traînée conséquente à une fusée déjà énorme.

En résumé, les super-Terres sont peut-être l’habitat de civilisations très intelligentes mais néanmoins piégées. On peut y voir une partie de la réponse au paradoxe de Fermi. On peut cependant opposer le fait que l’hypothèse ne se base que sur la propulsion chimique. Ces mêmes civilisations auront peut-être trouver des réponses spécifiques à leurs problèmes. Nous pourrions faire partie d’une minorité de chanceux capable de quitter leur habitat céleste parmi une multitude de civilisations condamnées à l’immobilisme. C’est un excellent argument en faveur du vol spatial.

Image by NASA, artist view of Kepler-20 b.

Sources

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