Blue Origin veut participer au programme Artemis

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– Actualités du 29 octobre 2019 –

La semaine dernière, le 70ème congrès international de l’astronautique a eu lieu à Washington D.C. La plans lunaires de la NASA y ont occupé une place prépondérante. L’agence spatiale américaine veut ramener des hommes sur la Lune d’ici 2024 et elle compte beaucoup sur le secteur privé pour y parvenir. Elle a notamment besoin d’un atterrisseur lunaire habité et d’un véhicule capable de transporter les astronautes entre l’orbite lunaire et la surface de la Lune. C’est un contrat que Blue Origin, l’entreprise spatiale de Jeff Bezos, aimerait remporter.

Blue Origin s’allie avec trois mastodontes historiques de l’industrie spatiale

Dans ce but, Blue Origin a annoncé son alliance avec trois poids lourds de l’industrie spatiale américaine : Lockheed-Martin, Northrop Grumman et Draper. Northrop Grumman a conçu l’atterrisseur lunaire du programme Apollo, Lockheed-Martin a une grande expérience dans le système de support de vie et ce sont les systèmes de guidage de Draper qui ont permis à Neil Armstrong et Buzz Aldrin de toucher la surface lunaire. Autrement dit, Blue Origin a réuni une véritable équipe de choc. On imagine aussi qu’un tel groupement d’intérêts a un poids politique très important.

Des rôles bien répartis entre Blue Origin et ses partenaires

En résumé, Blue Origin se chargerait de concevoir l’étage de descente. Il s’inspirerait directement de l’architecture de l’atterrisseur Blue Moon qui est déjà en développement depuis plusieurs années. Lockheed-Martin s’occuperait de l’étage de remontée, la partie pressurisée du véhicule chargé de ramener les astronautes en orbite lunaire. Northrop Grumman travaillerait sur un étage de transfert entre l’orbite lunaire de la LOP-G et l’orbite lunaire basse. Draper se chargerait évidemment des systèmes de navigation de ces différents véhicules.

La proposition de Blue Origin a tout pour plaire à la NASA

Parmi toutes les propositions que doit recevoir la NASA, cette proposition semble particulièrement séduisante car elle s’appuie sur un véhicule dont le développement a déjà démarré. Le moteur BE-7 qui doit permettre l’atterrissage sur la Lune a déjà été testé à plusieurs reprises. C’est un atout important compte tenu du calendrier serré du programme Artemis. Cela implique par ailleurs de nombreux acteurs traditionnels de l’industrie spatiale américaine, ce qui fluidifiera la machine à emplois et facilitera le vote des membres du Congrès américain.







Blue Origin veut participer à la conquête de la Lune

— Actualités du 5 juin 2018 —

Au cours d’une conférence qui a eu lieu le 25 mai, Jeff Bezos, le patron de Blue Origin, a détaillé la façon dont son entreprise pourrait participer à l’aventure lunaire de la NASA. L’homme le plus riche du monde est convaincu qu’il faut s’établir de manière permanente sur la Lune avant d’essayer d’aller sur Mars. La nouvelle direction prise par la NASA sous l’administration Trump lui convient donc parfaitement. Cette collaboration pourrait d’abord prendre la forme d’un véhicule, par exemple un atterrisseur lunaire qui pourrait s’accrocher à la LOP-G.

En réalité, Blue Origin développe déjà un tel véhicule, appelé Blue Moon, un vaisseau spatial sans pilote capable de livrer quatre tonnes et demie de matériel à la surface de la Lune. Blue Moon serait également capable de ramener un peu de matière lunaire sur Terre. Le vaisseau spatial utilise les technologies de décollage et d’atterrissage verticaux développés pour la fusée New Shepard, et pourrait être lancé depuis une fusée New Glenn.

L’année dernière, Blue Origin a détaillé comment ce véhicule pourra être utilisé pour aider à construire une colonie lunaire, avec des vols qui pourraient démarrer dès 2020. Blue Origin souhaite réaliser ces missions en collaboration avec la NASA ou au sein d’un partenariat plus large. Jeff Bezos ne cache pas son enthousiasme pour l’initiative européeenne Moon Village qui regrouperait différentes nations et entreprises autour d’une même colonie. Si Blue Origin ne parvient pas à trouver des partenariats satisfaisants, l’entreprise est prête à s’engager seul, jusqu’à ce que son patron soit ruiné s’il le faut.

Jeff Bezos a d’ailleurs rappelé sa volonté d’injecter chaque année un peu de sa fortune personnelle dans son aventure spatiale. Pour le moment, Blue Origin peut envisager le futur sereinement avec 1 milliard de dollars de cash injectés chaque année dans l’entreprise. Si les partenariats pour une aventure lunaire se concrétise, le milliardaire américain n’hésitera pas à accélérer le rythme des dépenses.

L’aventure lunaire commence par la mise au point de lanceurs fiables et performants. Jeff Bezos nous a déclaré que Blue Origin a fait l’acquisition de la barge qui servira aux atterrissages en mer de la fusée New Glenn. Les travaux d’adaptation du navire devraient démarrer rapidement.

– Actualités du 1er mai 2018 –

Nombreux ceux qui voient dans l’entreprise Blue Origin un futur géant de l’industrie du spatial. Le fait d’avoir comme fondateur l’homme le plus riche du monde, Jeff Bezos, assure une capacité de financement que peu d’autres entreprises peuvent se permettre. Pour mettre les choses en perspective, Jeff Bezos serait actuellement capable de financer le programme Apollo à lui tout seul. Pourtant, bien que Blue Origin a été fondée avant SpaceX, les résultats se font attendre. Dix-huit ans après sa création, Blue Origin n’a toujours aucun véhicule spatial opérationnel.

— Actualités du 11 avril 2017 —

Jeff Bezos, devenu récemment le deuxième homme le plus riche du monde, a annoncé vendre des parts de son entreprise à raison d’un milliard de dollars par an pour financer Blue Origin, son entreprise de développement de fusées réutilisables. Il est persuadé que l’industrie du spatial est actuellement dans un état comparable à internet au début des années 90.

L’entreprise ambitionne d’emmener des touristes dans l’espace dès 2018. Elle a aussi dans ses cartons le développement de la New Glenn, une fusée absolument monstrueuse et néanmoins récupérable.

Comme le dit Jeff Bezos, si le coût des avions de ligne était resté le même qu’en 1940, alors l’industrie de l’aviation aujourd’hui serait minuscule.

Blue Origin, enfant de la Launch Act

Dès leur début et pendant très longtemps, les gouvernements ont eu l’exclusivité des activités spatiales. Resté sous le contrôle des états voire directement des armées pendant des années, l’espace est donc resté comme un domaine réservé à la science, à l’espionnage ou à la propagande politique. Mais pour les Etats-Unis, champions du libéralisme économique, rester dans cette situation n’était pas envisageable. En 1984, la Launch Act a autorisé les entreprises privées du pays à fabriquer leurs propres lanceurs et à disposer de leur propre site de lancement. Cette loi est probablement la pierre fondatrice du mouvement connu aujourd’hui comme le New Space.

La Launch Act a pourtant mis du temps à faire effet. Les années 80 et les années 90 ont été marqué par quelques créations d’entreprises : la fin de l’URSS et la privatisation massive des technologies spatiales soviétiques ont donné naissance à des compagnies comme Sea Launch ou International Launch Services. Mais c’est le début des années 2000 qui a marqué une vraie rupture, avec l’arrivée dans le secteur de la Silicon Valley. L’année 2000 particulièrement puisque c’est cette année-là que fut fondée l’entreprise Blue Origin par Jeff Bezos, le patron d’Amazon, qui a fait fortune avec les débuts d’internet. Il a décidé de profiter de cette manne financière pour essayer de réaliser ses rêves d’adolescent : lors d’une interview donnée en 1982, alors qu’il n’avait que 18 ans, il a dit vouloir créer des colonies en orbite capables d’accueillir deux à trois millions d’habitants.

Blue Origin se développe avec l’expérience des équipes de Delta Clipper

Une vingtaine d’années et quelques millions de dollars plus tard, Jeff Bezos décide à 36 ans de former une véritable entreprise spatiale. Bien que cela peut faire penser au parcours d’Elon Musk avec la création de SpaceX, les deux entreprises ont dès leurs débuts des pratiques très différentes. Alors que SpaceX, fondé deux ans après Blue Origin, communique à outrance, du côté de Blue Origin le secret est cultivé. Ainsi, ce n’est qu’en 2003 que l’existence de Blue Origin sera rendue public. En 2005, Jeff Bezos révèle dans un petit journal local texan ses plans pour sa nouvelle entreprise : construire une fusée capable de décoller et d’atterrir verticalement, et qui pourra emmener des hommes à la frontière de l’espace. Son inspiration, c’est le démonstrateur Delta Clipper de McDonnell Douglas. Construit au début des années 90 sur commande du département de la Défense des Etats-Unis, il s’agit d’un prototype de lanceurs réutilisables, où la fusée est capable d’atteindre son but en ne faisant appel qu’à un seul étage. Les contraintes pour ce type de véhicules sont énormes, surtout s’il doit être réutilisable. Le démonstrateur de McDonnell Douglas a volé jusqu’à 2500 mètres d’altitude. Mais ce petit véhicule a posé les bases des fusées réutilisables.

Blue origin a recruté quelques ingénieurs qui avaient travaillé sur le Delta Clipper et se met au travail. En 2005, l’entreprise lance sa première fusée sous le nom de Charon. A l’époque, Charon est davantage un projet aéronautique qu’astronautique : Charon est en effet équipé de moteurs à réaction comme on en trouve sur les avions. Mais cela permet à Blue Origin de tester les décollages et atterrissages verticaux. Dès 2006, un nouveau démonstrateur appelé Goddard commence les vols d’essai. Cette fois-ci 9 moteurs-fusées sont utilisées. Le Goddard parvient à s’élever jusqu’à une hauteur de 100 mètres avant de revenir se poser sur ses quatre pieds. Que ce soit dans la forme générale ou la démonstration technique, il est évident que le Delta Clipper a beaucoup inspiré Blue Origin.

New Shepard, le lanceur qui va tout changer

C’est aussi à cette période que le nom de New Shepard commence à faire son apparition. C’est ce véhicule qui doit réaliser la vision de Jeff Bezos : emmener des hommes à la frontière de l’espace dans une fusée entièrement réutilisable. Au cours de ses rares interviews, le patron de Blue Origin laisse entendre que son entreprise aimerait à long terme se tourner vers le vol orbital.

Le développement de New Shepard va exiger une avancée technologique considérable de la part de Blue Origin. Après quelques années de travail, en 2011 un premier prototype de la fusée baptisée PM2 est installé sur une aire de lancement. Le PM2 a une apparence singulière, très trapue. Il est propulsé par cinq moteurs développés en interne par l’entreprise. Il est également équipé de quatre petites ailettes à sa base. Lors de son premier vol, le PM2 parvient à s’élever jusqu’à 167 mètres d’altitude et revient se poser en douceur. Seuls trois des cinq moteurs sont utilisés lors de cette démonstration. Quatre mois plus tard, l’essai suivant est beaucoup plus ambitieux : cette fois-ci le PM2 utilise la totalité de ses moteurs et parvient à s’élever jusqu’à une altitude de 14 km et à une vitesse de mach 1,2 avant d’être détruit par ses systèmes de sécurité.

A cette période Blue Origin est toujours aussi secrète. Elle laisse entrevoir des plans pour une fusée orbitale partiellement réutilisable. On peut y reconnaître la forme générale du booster PM2 surmonté d’un second étage. Au début des années 2010, SpaceX vient de réussir le premier tir de sa fusée Falcon 9. L’entreprise d’Elon Musk mise aussi sur la réutilisation et ne mise pas non plus sur les vols suborbitaux. Pour Blue Origin, il faut tirer le meilleur du démonstrateur PM2 pour construire New Shepard. Cette tâche va durer jusqu’en 2015. C’est également pendant ces années que l’entreprise va pouvoir s’assurer un financement considérable : la valeur d’Amazon est multipliée par plus de 1000 depuis son introduction en Bourse. Jeff Bezos devient l’une des personnes les plus riches du monde. Le milliardaire en fait profiter son aventure spatiale : en 2014, il a déjà investi plus d’un demi-milliard de dollars dans Blue Origin.

New shepard est conçu comme un véhicule en deux parties : un booster qui s’occupe de la propulsion et une capsule qui doit pouvoir accueillir des passagers. La capsule est testée dès 2012 mais il faut deux ans et demi de plus pour que le booster se montre sur une aire de lancement. Le 29 avril 2015, New Shepard s’élève jusqu’à 93 km d’altitude, à quelques kilomètres à peine de la frontière spatiale officielle. La capsule du dispositif revient se poser sous son parachute, mais pour le booster les choses sont plus compliquées : il s’écrase. Mais blue origin continue les tests avec New Shepard : entre avril 2015 et aujourd’hui, la fusée et sa capsule ont volé huit fois. Tous les vols suivants le premier ont été des succès complets.

La conception est un petit peu différente par rapport aux démonstrateurs PM2 : la forme globale assez trapue est conservée mais la propulsion n’est assurée que par un seul moteur BE-3. L’entreprise Blue Origin ne réalise que des vols suborbitaux mais l’entreprise parvient à pousser le concept de réutilisation assez loin : aucune fusée de SpaceX n’a volé plus de deux fois. La New Shepard 2 a fait cinq vols.

New Glenn et New Armstrong, les futurs projets stars de Blue Origin

Blue Origin est bien placée pour envoyer des humains dans l’espace dans sa capsule au cours des prochains mois. On savait depuis 2012 que l’entreprise de Jeff Bezos a travaillé sur une fusée orbitale. Les premiers détails émergent en 2015 et 2016. New Glenn est un lanceur lourd qui doit pouvoir être réutilisé un grand nombre de fois, prévu en deux versions à deux ou trois étages. La fusée doit être capable de placer 45 tonnes en orbite basse ou 13 tonnes en orbite de transfert géostationnaire. Comme de nombreuses fusées actuellement en développement, elle fait appel au couple méthane oxygène liquide pour assurer la propulsion de son premier étage. Cela devrait permettre au premier étage d’être récupéré jusqu’à 100 fois. Le premier étage est propulsé par sept moteurs V4, des monstres d’une puissance dépassant la puissance des moteurs de la navette spatiale. Aux deuxième et troisième étages, on retrouve des BE-3 qui ont déjà fait leurs preuves avec la New Shepard.

Si Blue Origin respecte son calendrier, New Glenn devrait s’envoler en 2020. Blue Origin a d’autres idées en cours d’étude mais l’entreprise reste toujours aussi secrète sur ses futurs projets. On ne connaît qu’un nom : New Armstrong. Pour en savoir plus, il faut réécouter les différentes déclarations de Jeff Bezos. Il a par exemple affirmé que la New Glenn sera la fusée orbitale la plus légère de l’entreprise. Autrement dit, la New Armstrong sera probablement un monstre. Pour suivre les avancées de Blue Origin, il faut composer avec la communication éparse de Blue Origin. Jeff Bezos est connu pour être plutôt orienté sur le long terme : Amazon a perdu de l’argent pendant de nombreuses années avant de devenir le géant actuel. Son patron investit tous les ans dans Blue Origin et ne semble pas particulièrement pressé de faire rapidement du profit. C’est peut-être une des plus grandes forces de Blue Origin : la patience et les ressources financières de Jeff Bezos lui permettent de planifier à très long terme sans avoir à se préoccuper d’actionnaires ou de gouvernements toujours changeants.

Pour le moment, Blue Origin n’a effectué aucun vol orbital. Mais on peut s’attendre à ce que l’entreprise devienne l’Amazon du spatial au cours des cinq à dix prochaines années, en restant dans l’ombre pendant des années avant de conquérir la première place en quelques trimestres.

Sources

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