Tout savoir sur le vaisseau spatial CST-100 Starliner de Boeing et actualités

Boeing CST-100 Starliner : un design ancien à l’extérieur, un concentré de technologies à l’intérieur

— Actualités du 9 août 2018 —

Le premier vol du vaisseau spatial CST-100 Starliner devrait avoir lieu un petit peu après celui de SpaceX. Dans sa conception, le CST-100 Starliner est un vaisseau spatial assez semblable au Crew Dragon de SpaceX, avec une capsule de style Apollo, des moteurs évasion en propulsion, et une forte autonomie. Le vaisseau spatial de Boeing se distingue pourtant sur quelques points. Il a par exemple été conçu pour revenir se poser sur Terre. En plus de ces parachutes, il dispose en effet d’un système d’airbag pour amortir le choc avec le sol. Lorsque l’on regarde les animations du CST-100 Starliner, on peut se demander d’où provient son énergie. Les panneaux solaires du vaisseau spatial sont situés sous le module de service, entre les moteurs d’évasion RS-88. Cette surface est suffisante pour fournir jusqu’à 3000 watts de puissance électrique, ce qui est largement assez pour un voyage jusqu’à la station spatiale internationale.

La forme de la capsule rappelle fortement celle d’Apollo. La silhouette du CST-100 Starliner moins haute et plus trapue que celle de la capsule spatiale de SpaceX. Malgré cela, le CST-100 Starliner s’appuie sur toute la technologie disponible à notre époque : nouveaux matériaux, construction sans soudure et automatisation poussée ont été intégrés dans sa conception. Le vaisseau spatial de Boeing devrait aussi être partiellement réutilisable. La disposition de ses moteurs sur le module de service signifie toutefois que ceux-ci ne pourront pas être récupérés.

Trois astronautes embarqueront dans la capsule Starliner de Boeing en 2019

— Actualités du 7 août 2018 —

Un dysfonctionnement lors d’un des tests des moteurs d’évasion du CST-100 Starliner va générer du retard sur le calendrier de Boeing. Le test sans équipage de la capsule spatiale de Boeing n’aura pas lieu avant fin 2018 ou début 2019. Après cela, il faudra attendre le milieu de l’année 2019 pour tester le vol habité. La bonne nouvelle, c’est qu’on aurait pu s’attendre à encore plus de retard, le glissement de calendrier reste correct.

Pour le premier vol habité du vaisseau de Boeing, trois personnes constitueront l’équipage : deux pilotes expéromentés qui ont volé sur la navette spatiale, Christopher Ferguson et Eric Boe, et Nicole Mann qui effectuera son premier vol spatial. A terme, la capsule spatiale CST-100 Starliner de Boeing pourra transporter quatre astronautes jusqu’à la station spatiale internationale. La capsule Boeing Starliner sera un peu plus volumineuse que la capsule Crew Dragon de SpaceX. Elle pourra prendre place en haut de différents lanceurs.

Un incident lors d’un test retarde le calendrier du Starliner de Boeing

— Actualités du 24 juillet 2018 —

Avec l’arrêt du programme des navettes spatiales, les Etats-Unis ont perdu un accès indépendant à l’espace pour ses astronautes depuis 2011. L’accès à l’espace repose désormais sur le vaisseau spatial Soyouz et son dérivé chinois, un design qui remonte aux années 1960. Washington aimerait remédier rapidement à la situation. La NASA a donc lancé en 2006 le programme Commercial Orbital Transportation Services (COTS). L’objectif de ce programme est de confier à des entreprises privées le travail de l’accès à l’orbite spatiale pour du cargo et pour des astronautes.

Pour ce qui est du cargo, le programme COTS affiche de très bons résultats. Le vaisseau spatial Dragon de SpaceX et le vaisseau spatial de Northrop Grumman desservent la Station Spatiale Internationale (ISS) depuis 2012. Pour le programme habité, on est par contre toujours dans l’attente. Les deux entreprises sont toujours en compétition pour développer des vaisseaux spatiaux habités. Boeing avec son CST-100 Starliner (Crew Space Transportation) et SpaceX avec son Crew Dragon ont signé des contrats pour amener des équipages jusqu’à l’ISS, six vols chacune entre 2019 et 2024.

Mais 2019 approche on n’a toujours pas vu de vol de démonstration, ni de la part de SpaceX ni de la part du CST-100 Starliner de Boeing. La situation est déjà inquiétante pour la NASA mais elle risque de le devenir encore plus. Lors d’un test, Boeing dit avoir enregistré une anomalie sur un moteur d’évasion de sa capsule spatiale. Il s’agit des moteurs qui sont mis à feu en cas de dysfonctionnement du lanceur. Il fonctionne pendant un bref laps de temps pour éloigner au plus vite la capsule de sa fusée. C’est une mesure de sécurité nécessaire pour préserver la vie des astronautes. Le Starliner de Boeing est équipé de quatre de ces moteurs.

Lors du test, tout s’est déroulé presque à la perfection : le moteur a fonctionné pendant la bonne durée et a délivré la puissance voulue. C’est à son arrêt que les choses se sont compliquées car une des valves du moteur ne se serait pas refermée correctement, engendrant ainsi des fuites de carburant. Boeing pense avoir trouvé la cause de ce dysfonctionnement et s’attelle maintenant à résoudre le problème.

Cet incident va très probablement avoir un impact sur un calendrier qui est déjà bien malmené. Le calendrier officiel prévoit que Boeing et SpaceX procéderont tous deux à un vol d’essai sans équipage le mois prochain, et un vol d’essai avec équipage aurait lieu en novembre pour Boeing et en décembre pour SpaceX. Un rapport gouvernemental publié juste avant l’incident prévoit cependant qu’il ne faut pas attendre un premier vol habité avant fin 2019, voire début 2020. Ce nouvel incident pourrait faire glisser la proposition de Boeing encore plus loin, ce qui pose de nombreux problèmes. Le partenariat entre la NASA et Roscosmos dure jusqu’à la fin de l’année 2019. Après, l’agence spatiale américaine n’a plus de sièges réservés sur les vaisseaux spatiaux Soyouz. Autrement dit, il va falloir mettre en place un plan dans l’urgence sous peine de perdre complètement la capacité d’accès à l’espace pour des équipages. Le scénario selon lesquels les astronautes américains embarqueront toujours dans des vaisseaux russes au début de la prochaine décennie devient donc de plus en plus crédible.

Cela pose également la question de l’avenir des vaisseaux spatiaux habités de SpaceX et de Boeing. Ces vaisseaux spatiaux ont été conçus pour s’ammarer à la Station Spatiale Internationale, mais l’administration Trump souhaite que la NASA se désengage de cette station spatiale dans 7 ou 8 ans. Que faire alors de ces vaisseaux qui ont coûté des milliards de dollars et presque dix ans de développement ? On peut au moins espérer que l’anomalie des moteurs de la CST-100 Starliner de Boieng soit en effet facilement corrigeable, sinon cela risque de se compliquer encore pour les Etats-Unis.

By NASA [Public domain], via Wikimedia Commons

Sources

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